


En 2014, à la suite d’une opération cérébrale, un équilibre encore incompris bascule, et l’hémisphère droit semble alors prendre le relais du gauche.
Pour ne pas tomber, le corps et l’esprit cherchent de nouveaux appuis : l’écriture d’abord, plus de 200 poèmes, puis l’apprentissage du piano et enfin le dessin géométrique. Entre oscillations et ondulations, un équilibre en mouvement se dessine.
Comme les poèmes, les dessins sont venus sans prévenir et sans apprentissage. D’où la collection Art-Flash : le flash est l’idée qui surgit d’un coup, et c’est aussi l’éclat de la couleur. Mais pour prendre forme et faire sens, chaque idée demande ensuite du temps et de la patience. Réalisés en moins de quatre ans, depuis janvier 2023, tous les dessins ont deux points communs : ils n’ont ni haut ni bas, et chacun réunit toute la gamme des nuances.
La grande majorité d’entre eux ont été réalisés dans OpenOffice, un traitement de texte détourné de sa fonction première. Sans outils de graphisme ni mémoire, chaque forme et chaque couleur y ont été posées une par une, mesurées et répétées, l’écran grossi à 600 % : c’est là que ce travail a trouvé sa part humaine. Deux séries font exception : les sphères AntiOps, coloriées à la main à l’encre de Chine, et les boules No Way, photographies de l’intérieur d’un kaléidoscope.
Cette exposition témoigne de ce basculement, du moment où l’intuition du droit est venue renouer avec la rigueur du gauche, et où le langage des couleurs s’est mêlé à celui des mathématiques. Cette alliance des complémentaires parlerait à tous et à toutes, et inviterait à un équilibre naturel qui ne demande qu’à sourire.
DidElio
Laurence Tassan-Din
Octobre 2026
In 2014, following brain surgery, a still little-understood balance tips over, and the right hemisphere seems to take over from the left.
So as not to fall, body and mind seek new footholds: writing first, more than 200 poems, then learning the piano, and finally geometric drawing. Between oscillations and undulations, a balance in motion emerges.
Like the poems, the drawings came unannounced and untaught. Hence the Art-Flash collection: the flash is the idea that strikes all at once, and it is also the brilliance of colour. But to take shape and make sense, each idea then needs time and patience. Created in less than four years, since January 2023, all the drawings share two traits: they have neither top nor bottom, and each one brings together the full range of hues.
The vast majority were made in OpenOffice, a word processor diverted from its original purpose. With neither graphic tools nor memory, every shape and every colour was placed one by one, measured and repeated, the screen magnified to 600%: this is where the work found its human dimension. Two series are the exception: the AntiOps spheres, hand-coloured in Indian ink, and the No Way balls, photographs of the inside of a kaleidoscope.
This exhibition bears witness to that shift, to the moment when the intuition of the right came to reconnect with the rigour of the left, and when the language of colour merged with that of mathematics. This alliance of complementaries would speak to everyone, and invite them into a natural balance just waiting to smile.
DidElio
Laurence Tassan-Din
October 2026

Pourquoi « DidElio » ?
Di-De-Lio, les trois notes transcrites du chant du loriot d’Europe, cet oiseau migrateur au plumage jaune qui revient chaque été nicher sous nos latitudes, et qu’on entend avant de le voir tant il est timide. Réarrangées, les trois notes résonnent à son plumage : DidElio, de l’anglais did, « a fait », et du grec Hélios, « le soleil ».
A fait soleil, comme l’ombre ensoleillée du loriot.
Why “DidElio”?
Di-De-Lio: the three notes transcribed from the song of the golden oriole, a migratory bird with yellow plumage that returns to our latitudes every summer to nest, and is heard before it is seen, so shy is it. Rearranged, the three notes echo its plumage: DidElio, from the English did and the Greek Helios, “the sun”.
Did sun, like the oriole’s sunlit shadow.